jeudi 23 avril 2015

Bonjour !Petit coup de gueule ! 
Avec l'arrivée du 27.5 +, c'est pour le VTT un standard de plus...

Depuis 2/3 ans la folie semble en effet s'emparer de nos chères marques... tout va très très vite et les produits deviennent obsolètes très rapidement.(essayez de revendre d'occasion un VTT en 26 pouces et vous m'en direz des nouvelles...)

On a connu exactement la même chose dans un autre domaine que je connais bien et qui est le running.

Les fabricants de chaussure sont passés de deux segments (route, piste) à cinq :
ils ont ajouté à leurs gammes les chaussure minimalistes (sans amorti), les chaussures de trails, les chaussures à porter en compétition (des chaussures pour 10 km route ne sont pas les mêmes que celles pour un semi marathon par ex...)
Tout ca en mode supinateur, pronateur et neutres, plus ou 80 kgs, hommes et femmes etc..
ca donne 43 references chez le n 1 (celui dont le nom commence par un A et se termine par un s...) en categorie route juste pour les hommes
17 en categorie minimaliste
14 en categorie piste
14 en categorie trail..
donc dans une boutique on a potentiellement un choix de 88 pompes juste pour courir !

Bref un beau bordel qui me fait penser que les marketeux ont 0 idées pour transmettre de la valeur.

Peut etre que dans le velo on retrouve les mêmes génies aux manettes

Beneficiaires => les neo pratiquants qui se retrouvent avec des velos "faciles" (et qui sont ciblés, il s'agit de faire grandir le marché)
et les clients habituels qui ont comme avantage de se retrouver avec un choix étendu (si on fait abstraction des tarifs qui bien sur vont prendre 15 % dans la foulée)

Par contre bonne chance : aux petites marques qui ont moins de tresorerie et aux detaillants qui vont devoir stocker des pneus en 26, 27.5, 29, fat, 27.5 + etc.. des guidons, potences, transmissions, roues...

Pas besoin de voir que ca va coincer que au final on va tous acheter sur le net là ou les pièces seront dispos...
en conclusion, ce n'est pas fini car Orbea se recentre au portugal pour plus de reactivité http://www.bike-eu.com/…/orbea-expands-production-in-portug…A mon avis on aura bientot deux gammes de velos Orbea par ans ou des velos personnalisables à la commande (couleur et montages).

Bref rien de neuf, juste le systeme consumeriste poussé à l'extrême, des velos jetables et des marques qui nous prennent nous les consommateurs avertis pour des perdreaux de l'année.
de ce mic mac resterons les plus gros et aussi les plus malins qui n'affronterons pas les gros sur leur arènes et proposeront autre chose que des "fausses" innovations.

Bref ne vous trompez pas de produit et analysez bien afin de trouver de la vraie valeur et pas du gadget en fonction de vos terrains de jeu habituels.

J'attend vos réactions enflammées !


jeudi 29 janvier 2015

Eddy Merckx et le retour de l'acier #steelbike

Bonjour,

Si vous suivez un peu l'actualité du vélo, vous êtes probablement tombés sur une nouvelle du genre : "Eddy Merckx relaunches steel bikes". 

L'ex marque du champion belge met en effet sur le marché un vélo de route acier réalisé avec des tubes haut de gamme de chez Columbus et donné pour 7.5 kgs.... Les tarifs commencent à 14000 € (moins cher qu'une DS3 entrée de gamme quand même).

Vélo hommage pour sa carrière
Vélo Eddy Merckx : 70 exemplaires acier.
Mais il s’agit d’une série spéciale et le titre "Eddy Merckx relaunches steel bikes" est donc un peu présomptueux ; on est très loin de vélos aciers disponibles au catalogue de la marque.

Columbus, Campagnolo, Cinelli and Vittoria sont impliqués dans le projet (des beaux noms donc...). Le vélo reprend le look du vélo de l'époque Faema avec les technologies les plus modernes. Les tubes sont de la série Columbus Hynox tube XCR (utilisé par Cyfac, on y reviendra).

70 exemplaires du vélo sont sortis, 30 seraient déjà achetés (par quelques happy fews) et Eddy a récupéré le numéro un. 
Le vélo est soudé TIG (pas soudo-brasé argent) et la finition est ... à la hauteur du tarif. On apprend sur le site qu'il faut deux jours pour construire le cadre. 

Des chiffres qui ne surprendront aucun artisan cadreur, ravis d'apprendre qu'avec un peu de marketing et surtout le parrainage d'une légende du cyclisme ils pourront augmenter substantiellement leur marge.

Le vélo est visible sur un site dédié:http://www.eddy70.com/
Ajoutons qu'il est 100 % made in belgium et son poids en fait un vélo très innovant. 
Maintenant nous aimerions avoir le retour d'artisans cadreurs sur ce vélo ?
Voici par exemple ce que produisent Julie Racing et Cyfac avec les tubes Columbus XCR :


Cyfac avec un cadre xcr autour de 3000 €.


Nous sommes donc partagé entre le coup marketing et le retour de l'acier chez Merckx à condition qu'il signe un retour des grandes séries acier...

lundi 19 janvier 2015

Le code forestier et le single track...


Cette fois, nous parlons de VTT et de sentiers.

Une des problématiques pour l’avenir du VTT est la diminution de l’offre de sentiers en raison d'interdictions et refrain connu dans le monde du VTT....il y a de moins en moins de sentiers et l'Office National des Forêts se montre de plus en plus stricte. L'ONF peut agir au nom des collectivités qui souhaitent sécuriser certains parcours vis à vis des autres usagers ou bien faire cesser certaines nuisances et donc verbaliser les cyclistes se trouvant hors chemins.

Ce n'est pas tout à fait la vérité. Il faut comprendre que l'ONF reste très tolérant vis à vis des pratiquants.

En effte, la loi (Article R163-6 du code forestier) est la suivante : "Est puni de la peine d'amende prévue pour les contraventions de la 5e classe (1500 à 3000 € !!) tout conducteur, ou à défaut tout détenteur, de véhicules, bestiaux, animaux de charge ou de monture trouvés dans les bois et forêts, hors des routes et chemins.

Nous voyons qu'une application stricte de l'article R163-6 par l'Office National des forêts modifierait fortement la pratique du VTT au moins dans les régions les plus densément peuplées. Circuler en dehors des chemins serait strictement interdit, point final. Imaginez une sortie VTT en restant sur les chemins forestiers...
En forêt périurbaine et dans certains sites touristiques, la circulation des VTT serait encore plus strictement limitée puisque réservée aux allées forestières de plus de 2,50 m et aux itinéraires balisés.
Pour ma part circulant en région parisienne, je pense que mon circuit perdrait tout intérêt à VTT. Autant prendre un VTC ou changer de sport...

Je vous laisse conclure, nous devons donc nous montrer responsables (ou bien discrets :) ) autant que faire se peut afin que notre sport perdure.

Je cite l'article et les montants des différentes catégories d'amendes.

Article R163-6 Créé par Décret n°2012-836 du 29 juin 2012 - art. (V)

"Est puni de la peine d'amende prévue pour les contraventions de la 4e classe tout conducteur, ou à défaut tout détenteur, de véhicules, bestiaux, animaux de charge ou de monture trouvés dans les bois et forêts, sur des routes et chemins interdits à la circulation de ces véhicules et animaux.
Est puni de la peine d'amende prévue pour les contraventions de la 5e classe tout conducteur, ou à défaut tout détenteur, de véhicules, bestiaux, animaux de charge ou de monture trouvés dans les bois et forêts, hors des routes et chemins.
Le contrevenant à l'infraction mentionnée au deuxième alinéa encourt également les peines complémentaires suivantes :
1° La confiscation des animaux ayant été utilisés pour commettre l'infraction ;
2° La suspension du permis de conduire, pour une durée de trois ans au plus, le cas échéant limitée à la conduite en dehors de l'activité professionnelle."
           
http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F1157.xhtml

vendredi 9 janvier 2015

Le fonctionnement obscur de l’Union Cycliste Internationale (UCI) époque Hein Verbruggen

Une pensée pour les victimes de cet attentat abject. Nous sommes tous Charlie et les mots manquent pour exprimer ce que nous ressentons. La perte de ces personnes est IMMENSE.

Plutôt que de parler de l'industrie du vélo, nous parlons de l'industrie du spectacle, le Tour De France. Quand la réalité dépasse la fiction.

Il faut commencer par googliser ces 3 noms là Armstrong, Verbruggen et Weisel.

Les réponses sont bien souvent en anglais, exemple cet article 

http://online.wsj.com/article/SB10001424127887323783704578246001221628488.html

"The investment bank founded by Thomas Weisel, the powerful Silicon Valley financier who bankrolled and owned Lance Armstrong's former cycling team, also managed assets for the then-head of cycling's governing body, according to a broker who handled the accounts."

Pour ceux qui comprennent mal l'anglais, il y a 

http://www.lefigaro.fr/cyclisme/2013/01/23/02007-20130123ARTSPO00441-l-uci-alertait-les-coureurs-suspectes-de-dopage.php

Nous avons les protagonistes suivant :

Acteur 1 
Thomas Weisel, un homme d’affaires américain, propriétaire d'une banque d'investissement. Weisel a été le fondateur, le propriétaire et le président de la holding au-dessus de l’US Postal, l’équipe d’Armstrong à son heure de gloire. Il finance aussi une boite pharmaceutique, nous y reviendrons.

Acteur 2
Hein Verbruggen
Ancien président de l’Union cycliste internationale de 1991 à 2006, à la tête du cyclisme mondial pendant le septennat d’Armstrong.

Les comptes de Verbruggen ont été en partie gérés entre 2001 et 2004 par la banque d'investissement de Thomas Weisel… également bailleur de fonds et copropriétaire de l'US Postal à cette époque.

Y a donc association, Verbruggen n'est pas seulement l'ami d'Armstrong mais plutôt son associé indirect. Pour que la banque de Weisel se porte bien, il faut que l'US Postal cartonne et donc que Lance gagne... (le lampiste bien payé de l'affaire ;) )

L'acteur 2 n'a plus qu'à passer l’éponge ou prévenir l'acteur 3 Lance Armstrong quand les contrôles antidopage se font plus menaçants. Sinon ses investissements ne valent plus rien. Entre associés... 

Donc, ce n'est pas du laxisme dans les contrôles mais de la complicité. 

Pour finir détail encore plus tordu, Weisel finançait AMGEN société pharmaceutique numéro 1 mondial à l'époque dans le monde pour ce qui concerne................... l'EPO !!!

La boucle est donc bouclée !!

Pour finir il y a eu un procès entre Floyd Landis  (un ex de l'us postal repenti et vainqueur déchu 2006 du TDF) et Mac Quaid (qui a succédé a Verbruggen) et bien sur Landis a perdu! 

La suite dans le Nouvelle observateur. J'adore le langage "fleuri" de Landis :)))

Un tribunal suisse a donné raison à Pat McQuaid, le président de l'UCI, dans son procès en diffamation contre Floyd Landis. L'ancien coureur américain devra payer une amende de 10 000 francs suisses, et publier un communiqué dans plusieurs médias, comme L'Equipe et le Wall Street Journal. En outre, le jugement du tribunal "interdit à Floyd Landis d'affirmer que l'Union Cycliste Internationale, Patrick McQuaid et/ou Heinricus Verbruggen ont caché des cas de dopage, ont reçu de l'argent pour ce faire, ont accepté de l'argent de Lance Armstrong pour cacher un cas de dopage, ont protégé certains coureurs cyclistes, ont couvert des cas de dopage, sont les auteurs de manipulations, notamment de tests et de course, ont hésité et tardé à rendre public un contrôle positif d'Alberto Contador, ont accepté des dessous de table, sont corrompus, sont des terroristes, se moquent des règles, pipent les dés, sont des imbéciles, ne veulent pas vraiment mettre bon ordre dans le cyclisme, sont pleins de merde, sont des clowns, n'ont pas de parole, sont des menteurs, seraient assimilables au colonel Mouammar Kadhafi, ou de faire toute allégation du même genre."

Depuis, le seul à avoir payé est Lance Armstrong. De quoi prendre pas mal de recul avec le sport pro....

Conclusion : Là ou il y a de la gène, il y a pas de plaisir... Attention, nous ne disons pas que Weisel faisait fortune grâce à Verbruggen et vice versa mais il y a clairement entente illicite qui démontre que certains abusent de leur position. Clairement Verbruggen n'aurait jamais du utiliser la banque d'un protagoniste du TDF.




lundi 5 janvier 2015

Les modes de persuasion des marques

De retour:) 

Cette fois plus de textile mais du marketing avec :

Les modes de persuasion des marques


Le but est de comprendre quelles stratégies de communication les marques mettent en place pour nous faire préférer leurs chers produits.

Michel Desbordes (références ci dessous) résume ce que tout cycliste constate : « Aujourd’hui, le marketing des fabricants d’articles de sport (donc incluant VTT, vélo de route) vise à proposer au consommateur des produits de plus en plus high-tech. Il est en effet impératif de le convaincre de posséder le meilleur équipement possible.» Autrement dit les firmes enrichissent régulièrement leurs produits afin (pensent elles) d'en augmenter la valeur perçue par le client. Évidement, en contexte de compétition les clients sont très sensibles à ce type de discours : "mon vélo fait 200 grammes de moins que le tien, je vais te pourrir !" ;)

Patrick Bouchet,Dieter Hillairet (références plus bas) nous permettent de comprendre comment les marques de sport agissent pour influencer les consommateurs en leur faveur dans nos décisions d'achats et de consommation. Les auteurs expliquent que puisque personne ne naît avec un penchant pour une marque donnée, c'est avec le temps, les expériences et l'éducation que les individus apprennent à aimer, détester les marques présentes sur le marché. Pourquoi Cotic plus que Sobre, Spe plutôt que Scott ou Scapin ;), pourquoi un cadre carbone plutôt que acier ou inox (alors que l’expérience de rouler sur un cadre inox est probablement largement plus interessante)
Il s'agit donc d'une problématique d'apprentissage à laquelle le marketing s'est intéressé.
Derbaix et Gregory distinguent « quatre portes de la persuasion : les automatismes, l'imitation, les sentiments et les émotions, les processus logiques » ; toutes étant susceptibles de se combiner ensemble. Nous passons en revue ces formes d'apprentissage.


Le premier apprentissage est appelé le conditionnement classique. Il s'agit d'obtenir une réponse en passant par un stimulus. Souvent vu comme du « matraquage publicitaire », les marques du cycles utilisent peu ce type d'apprentissage.

L'imitation : l'apprentissage vicariant
Il s'agit de donner envie au consommateur de suivre un modèle en l'observant. Dans le cycle, le modèle à suivre est le champion qui devient prescripteur (au hasard Peter Sagan).

Susciter les sentiments et les émotions permet également de faire pencher la balance en faveur de la marque : il s'agit de l'apprentissage behavioriste
Ce conditionnement est un des deux conditionnements les plus utilisés par les firmes du domaine du sport et du cycle. Il vise à « créer des liens entre la marque et des sensations agréables». Pour susciter ces sensations, les publicitaires montrent des paysages grandioses, utilisent l'image des champions, mettent en scène des pratiquants en associant à chaque fois les marques. En générant des réactions affectives, les publicitaires placent les consommateurs dans une attitude bienveillante et créent de l'envie pour la marque. Les procédés utilisés sont assez nombreux. Il peut s'agir de publicités classiques ou bien de sponsoring.
Quand Sunn désire lancer sa marque de vélo, elle met en scène son patron, lui même pratiquant, au bord d'un lac des Pyrénées en pleine explosion de joie. Le but de la publicité est de personnaliser une marque naissante en utilisant la notoriété de son dirigeant Max Commencal et en montrant un moment agréable vécu grâce à un de ses produits, l'arrivée après un effort au bord d'un joli lac de montagne. Au final, le succès de la publicité sera tel que même rachetée et avec à sa tête une autre équipe, la marque sera toujours vue comme la marque de Max Commencal et enracinée dans les Pyrénées grâce au slogan Made in Saint Gaudens.


Un Max...imum de plaisir !




















Favoriser le raisonnement : l'apprentissage cognitif
Ce conditionnement est très utilisés par les firmes du cycle. La théorie de l'apprentissage cognitif explique le choix d'un consommateur pour un produit donné par un traitement d'informations venant de l'environnement immédiat (publicités) et de ce qu'il a déjà intégré en mémoire par son vécu. L'enjeu pour la marque est de paraître comme une réponse possible au besoin de ce consommateur. Il s'agit donc d'informer sur les offres et plus particulièrement sur les aspects fonctionnels. Cet enjeu très important devient crucial pour une marque qui arrive sur le marché et qui a tout à prouver. Elle doit donc être informative et crédible (Bouchet, Hillairet 2009) et montrer qu'elle est à même de répondre aux besoins des consommateurs.
Pour ce faire les firmes utilisent majoritairement l'approche cognitive. Il s'agit de passer par l'intelligence des individus pour les éduquer sur le produit. Elles utilisent souvent des publi-reportages ou des publicités avec du contenu informatif.Notons que cet apprentissage se développe de plus en plus. Le dernier exemple en date étant celui de Giant.
 
Quand Giant explique son choix de ne proposer dans sa gamme 2014 que des vélos avec des roues au format 27,5 pouces (contre 26 et 29 pouces l'année d'avant), la marque reprend dans ses publicités les principales interrogations et craintes des clients exprimées sur internet et développe un argumentaire en trois parties: Giant 27,5 trois raisons d'y croire. Toutes ses informations sont destinées à être mémorisées par le consommateur. Toutes les fois où il entendra parler du marché du vélo, ces informations par association d'idées lui reviendront à l'esprit. Les marques doivent donc construire sur le long terme une image et s'assurer de la cohérence des messages qui doivent remonter au bon moment.

Nos remarques :

Vous connaissez la pub avec Alain Delon : Ca c'était avant ? C'est un peu la même remarque pour ce post. Depuis internet et le web 2.0 la plus grande partie de l'information disponible sur les marques provient non de la marque elle même mais des internautes via les blogs, forums, listes de diffusions, réseaux sociaux... 
Exemple : les mots clés « Lapierre VTT » renvoient 756 000 résultats sur Google alors que la marque ne gère qu'un seul site commercial.
Il est donc indispensable de considérer à côté des modes de persuasion mis en œuvre par les marques, comment la communication des individus via le web 2.0 peut elle aussi entrer en jeu. Exemple quel est le poids des publicités sur l'Epic de Specialized face à un post sur le même vélo et sur lequel les internautes réagissent depuis 10 ans ?

Notons enfin que processus d'apprentissage interne et processus d'apprentissage externe ne sont pas cloisonnés et peuvent se combiner ensemble et que ces combinaisons se produisent durant toute la vie de l'individu. Dans le doutes, les marques font donc de la pub et s’intéressent aux communications des internautes !




Biblio

Desbordes. M, (2001), Le marketing technologique dans l’industrie du sport ou la nécessité de gérer une double complexité des produits, Revue Internationale de Gestion, HEC Montréal, 2001/2 (Vol. 26)


Bouchet P et Hillairet D, (2009), Marques de sport : Approches stratégiques et marketing, DE BOECK UNIVERSITE.


Derbaix. C, Gregory. P (2004), Persuasion, la théorie de l'irrationalité restreinte, Paris Economica.


http://www.giant-bicycles.com/fr-fr/technology/tech27-5/94/ consulté le 15/08/2014

jeudi 1 janvier 2015

Votre vélo est il fabriqué dans une démarche éthique ?

Je me permet de vous souhaiter une très bonne année 2015.

Une fois n'est pas coutume nous commencerons par parler de textile.

"Le textile et l'habillement représentent un CA annuel de 470 milliards d'euros dans le monde et font travailler 60 millions de personnes. En Europe, le secteur compte 1,8 million de salariés pour un CA de 190 milliards d'euros. En France, il pèse 22 milliards d'euros, pour 130 000 emplois."

Pour rappel, en France, le vélo c'est en 2013 1.5 milliard de CA et 12 000 salariés (source CNPC). Je vous laisse calculer le ratio (CA/salarié...)

Notre article explique que la production de nos vêtements est organisée en CMV ou "Chaîne de valeur mondiale ».

La production se répartit dans plusieurs pays. La confection des habits est, par exemple, délocalisée dans des pays à faible coût de main-d’œuvre. Le fonctionnement du secteur se rapproche de ce que nous commençons à connaître dans le cycle.

L'article explique que les entreprises sont à l’affût des coûts salariaux les moins élevés et délocalisent de Chine vers des pays comme le Bangladesh.

Cependant, la part du salaire d’un ouvrier(e) de la confection ne représente qu’entre 1 et 3 % du coût total de la plupart des vêtements. Lorsqu’un consommateur paye une chemise 8 euros, l’ouvrier(e) qui l’a confectionnée ne touche pas plus de 24 centimes. Doubler son salaire reviendrait à ajouter 24 centimes autrement dit ce serait quasi indolore pour les consommateurs.

L’article ajoute

« Les ateliers de confection des PMA sont souvent installés dans des bâtiments vétustes, sans normes de sécurité. En 2013, le Rana Plaza, un bâtiment de Dacca (Bangladesh) où étaient installés des sous-traitants de marques occidentales, s'est effondré. Environ 1 100 personnes sont mortes. « Pour signer des contrats avec les grandes chaînes de mode, les sous-traitants ne se contentent pas de sous-payer leurs salariés ou de les faire travailler dans des conditions précaires. Ils utilisent des produits interdits en Europe. Ces produits sont toxiques pour l'environnement, les personnes qui les manipulent et les consommateurs qui portent les vêtements, affirme Françoise Minarro spécialiste du dossier pour Greenpeace. En Chine, on a fait des contrôles et des prélèvements accablants d'eaux usées à la sortie des usines. Les polluants sont rejetés directement dans les rivières où ils contaminent l'eau qui est ensuite consommée par les habitants. »

Le tableau est complet quand on ajoute que des enfants travaillent après l’école, payés à la tache, 1,5 centime d'euro par pantalon.

Cet article omet cependant de parler des GSP (vous vous souvenez ? Si le salaire représente autour de 3% du coût total, les droits de douanes atteignent 14 %)

Résumons.

Dans le souci de développer les économies les moins avancées, l'Europe fait "cadeau" des taxes douanières pour ces pays.

Les marques s'y installent donc pour bénéficier de tarifs douaniers duty free et profitent d'une législation du travail moins contraignante qui se manifeste par le fait qu'il n'y a pas de salaire minimum, que la sécurité des travailleurs est moins l'objet de contrôles et que le travail des enfants y est autorisé.
Bien évidement tous les pays asiatiques ne sont pas à ranger dans le même panier, Taïwan par exemple n'est pas comparable au Bangladesh.

Les entreprises qui sont amenées à se justifier auprès des ONG ont toute une panoplie d'arguments sous le coude pour expliquer leurs méthodes. Vous en trouverez une dizaine ici : http://www.ethique-sur-etiquette.org/IMG/pdf/10_excuses-2.pdf

Je cite par exemple « Le coût de la vie est plus faible dans les pays producteurs de vêtements. Il est donc normal que les salaires soient faibles. »

Au final, les entrepreneurs ont deux possibilité. Ou continuer à travailler avec ces pays sans rien changer tant que leur clients payeurs ne se manifestent pas ou bien agir en rapatriant la production dans des pays ayant une législation du travail plus moderne.

#Specialized prend la première option :

http://www.bike-eu.com/Sales-Trends/Market-trends/2013/10/EUs-Bike-Imports-from-Cambodia-Grows-Enormously-1379624W/

#Commencal la seconde en cessant de proposer des vélos en carbone à cause des conditions désastreuses de production.

" We have produced Metas and hardtail frames in carbon in 2007-2008. I went to China to visit these factories. It was a shock for me, because the conditions were a disaster. The workers were working on frames with only paper masks. Kids, I say kids, but they are not kids because they are 18 or 20, are working there weaving the carbon fibre"

http://www.pinkbike.com/news/From-The-Top-Max-Commencal-interview-2013.html

A noter que ce ne sont que deux exemples, toutes les marques ont fait leur choix :)

Un mouvement s'amorce au delà du green washing puisque certaines marques communiquent désormais sur la prise en compte de facteurs environnementaux et sociaux dans leur processus de production : 

http://www.victoire-cycles.com/fr/info/la-soci%C3%A9t%C3%A9.html

 

La source de cet article se trouve ici :

http://www.economiematin.fr/news-industrie-textile-chiffres-affaires-probleme-ethique-chine-leco

Pour en apprendre davantage sur l'éthique :

http://www.ethique-sur-etiquette.org


samedi 13 décembre 2014

La première roue libre 1897

Un lecteur de la page Facebook industrieduvelo m'a communiqué un lien vers un rapport de la revue de géographie alpine sur l'industrie du cycle à St Etienne. En effet, fut une époque, la capitale du cycle en France, c'était St Etienne.
Le rapport va en gros de 1871 jusqu'à 1947 et c'est une mine d'or pour qui se passionne pour le vélo ! De ce passé glorieux, reste le musée qui donne une bonne idée de ce que fut la place de cette industrie en France et en Europe.
Ce dont on parle dans cet article c'est de la première roue libre qui est sortie d'un atelier stephanois !
Figurez vous que l'invention a d'abord été regardée de haut. Ses nombreux détracteurs pensaient qu'elle privait le cycliste de la possibilité de freiner avec les pédales (façon fixie on va dire). Du coup il fallait faire totalement confiance en ses freins :) et à l'époque...
Donc la roue libre est inventée par un dénommé Jean Fasano. En fait il adapte au vélo le mécanisme d'une machine outil. Et cette machine c'est l’ancêtre de la perceuse. Imaginez une mèche destinée à forer le métal donc pourvue d'un appui utilisé par un ouvrier (en bas sur la photo 1). Maintenant pour percer, cette mèche a besoin de tourner. C'est un archet enroulé autour de la mèche qui va servir à l’entraîner (pensez y la prochaine que vous sortez votre perceuse pour un trou à l'horizontale...) . Je met l'image qui va vous permettre de comprendre le système. 

Pour transformer le mouvement alternatif du perceur en rotation continue Fasano invente la roue libre. L'ouvrier fait des mouvements alternatifs mais la mèche tourne toujours dans le même sens.
 
En fait cet système m'a tout de suite fait penser à l'époque préhistorique et à cet outil pour allumer le feu :)
Rien ne se perd, tout se transforme :)









Fasano adapte ensuite la roue libre au vélo. On peut désormais arrêter de pédaler, cela ne bloque pas les roues :)
Y a encore un certain nombre d'éléments qui méritent une place dans ce blog dans le document (pourquoi une industrie comme le vélo à St Etienne, les inventions, les personnages incroyables). Nous y reviendrons.
Bon We !


La revue de géographie alpine citée dans ce blog est ici :
 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rga_0035-1121_1947_num_35_1_5239